Loi n°-2002-303 du
4 mars 2002
relative aux droits des malades et à la qualité
du système de santé
Cette loi
comporte 126 articles portant sur la reconnaissance des droits
des malades, le renforcement de la démocratie sanitaire,
la responsabilité et la réparation liées
aux accidents médicaux et l'organisation de l'exercice
des professions de santé.
Certaines dispositions, pour lesquelles des décrets d'application
sont attendus, ont un impact direct sur les établissements
de santé :
Affirmation
des droits fondamentaux de la personne et de l'usager du système
de santé
En matière de protection des droits des personnes, le
texte donne une base légale et universelle à un
certain nombre de dispositions déjà prévues
par des textes réglementaires ou des circulaires, ou
réservées aux établissements de santé,
voire au service public hospitalier.
-
droit à la protection de la santé, à
recevoir les soins les plus appropriés et à
bénéficier de thérapeutiques dont l'efficacité
est reconnue.
-
respect de la vie privée et du secret médical
-
respect de la dignité et droit à une vie
digne jusqu'à la mort
-
égal accès aux soins sans discrimination,
notamment en raison des caractéristiques génétiques
d'une personne
-
droit à la prévention, à l'évaluation,
à la prise en compte et au traitement de la douleur
-
droit à un suivi scolaire adapté
Concernant
les usagers des établissements de santé, la loi
consacre et formalise le droit à l'information des patients
en vue d'un consentement libre et éclairé. Elle
autorise en particulier un accès direct, ou par l'intermédiaire
d'un médecin, au dossier médical. Elle instaure
la possibilité de désigner une personne de confiance
pour toute démarche de santé. Elle substitue aux
commissions de conciliation, une commission des relations
avec les usagers et de la qualité de la prise en charge
aux compétences élargies et renforce la place
des associations d'usagers.
-
les obligations des professionnels de santé concernant
l'information des patients sur leur état de santé,
les actes médicaux et traitements proposés et
la recherche de leur consentement sont considérablement
formalisées
-
accès direct, ou par l'intermédiaire d'un médecin,
au dossier médical
-
possibilité de désigner une personne de confiance
(parent, proche ou médecin traitant) pour toute démarche
de santé
-
création d'une commission des relations avec les usagers
et de la qualité de la prise en charge, consultée
sur la politique d'accueil et de prise en charge et informée
de l'ensemble des plaintes ou réclamations des usagers
de l'établissement ainsi que des suites qui leur sont
données
Responsabilité
et réparation des risques sanitaires
La loi privilégie la procédure régionalisée
de règlement amiable en cas d'accidents médicaux,
d'affections iatrogènes ou d'infections nosocomiales
et garantit aux personnes ayant subi un dommage sa réparation
dans le cadre de la faute ou de la solidarité collective.
-
La responsabilité des établissements de santé
et de leurs professionnels ne peut être engagée
qu'en cas de faute.
-
tout professionnel a l'obligation de déclarer les
accidents médicaux, affections iatrogènes
et infections nosocomiales et d'informer toute personne victime
d'un dommage imputable à une activité de prévention,
diagnostic ou de soins sur les circonstances et les causes de
ce dommage dans les 15 jours qui suivent sa découverte
(ou à la demande)
-
création d'une commission régionale de conciliation
et d'indemnisation chargée de faciliter le règlement
amiable, qui émet un avis sur l'étendue des dommages
et le régime d'indemnisation (avec ou sans faute), après
expertise médicale
- en cas de faute, le
règlement s'engage avec l'assureur de l'établissement
qui doit faire une proposition à la victime dans un délai
de 4 mois ; en l'absence de faute, l'office national d'indemnisation
des accidents médicaux intervient.